La gouvernance des systèmes de communication

Chercheur principal, Programme de soutien aux équipes de recherche, FQRSC, 2010-2014.
Cochercheurs : France AUBIN (UQTR), Oumar KANE (UQAM), Jean-Guy LACROIX (UQAM), Marc MÉNARD (UQAM), André MONDOUX (UQAM), Loum NDIAGA (UQO), Michel SÉNÉCAL (TÉLUQ-UQAM), Gaëtan TREMBLAY (UQAM).

La gouvernance des systèmes de communication

Ce programme de recherche vise à encadrer le développement de tout un ensemble de projets autour du thème de la gouvernance des systèmes de communication, entendus comme les médias de masse, les industries culturelles et les technologies de l’information et de la communication, qui ont pris une place croissante dans nos sociétés au fil des décennies et qui ont connu des mutations importantes au cours des trente dernières années. En effet, les cadres économiques et réglementaires des industries de la culture et de la communication ont profondément évolué suite à la signature d’accords de libre-échange à l’échelle internationale, à la libéralisation des échanges de services et à la déréglementation financière accompagnées par la remise en cause des missions traditionnelles de l’intervention publique. De plus, les entreprises ont profité du mouvement de libéralisation pour se lancer dans des opérations de fusion et d’acquisition ayant des finalités tantôt financières, tantôt industrielles. Elles ont aussi profité des occasions offertes par le développement des technologiques numériques pour tenter d’articuler les industries du contenu avec les industries d’équipement et de réseaux. Enfin, la « société civile », qui avait été « invitée » à participer activement au secteur des communications dans le cadre des activités de la Commission MacBride à la fin des années 1970, a fait de sa participation un enjeu de luttes sociales au nom du « droit à la communication » et a été conviée aux deux sommets mondiaux sur la société de l’information (SMSI) de 2003 et de 2005. On a assisté à un phénomène nouveau en politique internationale, à savoir une certaine participation d’acteurs non gouvernementaux dans l’élaboration des politiques publiques à l’échelle supranationale, suivant ainsi une tendance amorcée lors du sommet de la terre de Rio de Janeiro en 1992.

L’objectif du programme consiste à analyser les différents modèles de gouvernance des systèmes de communication ainsi que les facteurs économiques, politiques et sociaux qui conditionnent leur élaboration afin de mieux comprendre le rôle de ces systèmes dans nos sociétés marquées par la mondialisation et l’expansion des réseaux. Ainsi, nos recherches contribuent à la compréhension des enjeux, des processus et des modes de régulation sociale à l’œuvre dans les sociétés dites de l’information et du savoir. Elles ont pour but d’éclairer les choix effectués par les acteurs sociaux concernés par les différents modèles de gouvernance des systèmes de communication. Nous analysons la gouvernance des systèmes de communication suivant trois axes :

(1) l’émergence de nouveaux modèles économiques de production et de diffusion médiatique et culturelle ;

(2) la redéfinition des politiques publiques nationales et internationales dans le secteur des médias, de la culture et des technologies de l’information et de la communication ;

(3) le rôle de la société civile dans la reconfiguration de la gouvernance des systèmes de communication, notamment en lien avec les luttes en faveur « du droit à la communication ».

Les deux premiers axes renvoient à la gouvernance entendue respectivement d’un point de vue économique et d’un point de vue politique, l’accent étant mis sur les mutations à l’œuvre : mutations liées à la place croissante de la financiarisation dans l’économie, à la signature d’accords de libre-échange, à la tendance à la déréglementation sectorielle, à la mise en place de technologies numériques, aux discussions sur l’avenir de la propriété intellectuelle, etc. Le troisième axe traite de l’élargissement des acteurs qui participent à cette gouvernance entendue d’un point de vue général en portant l’attention sur la « société civile ». Ce programme de recherche s’avère de la plus haute pertinence dans un contexte de reconfiguration des industries de la culture et de la communication, notamment au niveau de la distribution par les réseaux numériques des produits culturels et informationnels.

Le site web du programme de recherche

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *