Chercheur principal, Programme de subventions ordinaires, CRSH, 2008-2012.
Cochercheurs : Gaëtan TREMBLAY (UQAM) et Daniel PARÉ (Université d’Ottawa).
Collaborateurs : Philippe BOUQUILLION (Université de Paris 8), Yolande COMBÈS (Université de Paris 13) et Juan Carlos MIGUEL DE BUSTOS (Université du Pays Basque).
Analyse des liens entre la concentration des industries de la communication et le pluralisme de l’information
La concentration de la propriété dans le secteur des industries de la communication, de l’information et de la culture (ICIC) conduit-elle à un appauvrissement des contenus informationnels ? Même si cette question est source de débats au Canada depuis plus de trente ans, il est encore aujourd’hui difficile d’y répondre. Les recherches sur le terrain sont rares et les résultats, peu concluants. Dans les rapports qui ont été rédigés au fil des années, certains analystes estiment que la concentration du capital entraîne des économies d’échelle, qui génèrent à leur tour une diminution du pluralisme ; d’autres estiment au contraire que la concentration du capital favorise le pluralisme grâce aux moyens financiers disponibles plus importants. En fait, s’il est difficile d’établir des liens entre la concentration de la propriété des entreprises médiatiques et le pluralisme en matière d’information, c’est sans doute parce que ceux-ci ne sont pas directement observables. Pour les étudier, il apparaît donc nécessaire de prendre en compte un certain nombre de variables intermédiaires. Nous pensons notamment à l’organisation des rédactions, à l’externalisation éventuelle de certaines activités et au rôle de l’informatisation du travail. Dans un contexte marqué par les opérations de fusion et de rachat mais aussi par la forte augmentation des supports de diffusion, ce sont donc les mutations des structures industrielles, des stratégies des entreprises et de l’organisation du travail au sein de celles-ci que nous examinons. Nous travaillons d’une part sur les évolutions sur une dizaine d’années au sein des pôles (holding financiers), des groupes (secteurs industriels) et des firmes suite à des opérations de fusion et de rachat ; et d’autre part, sur des cas plus spécifiques.
D’un point de vue scientifique, les travaux effectués dans le cadre de l’économie politique de la communication ont bien établi la diversité des modalités de l’industrialisation et de la marchandisation de l’information et de la culture. Mais dans le contexte de la formation de groupes positionnés sur plusieurs médias de taille importante, cette diversité tendrait-elle à diminuer ? Irait-on vers la formation, à terme, d’un vaste marché unifié de biens et de services informationnels et culturels ou à l’inverse de marchés segmentés et fortement différenciés ? Du point de vue social, notre question centrale est d’autant plus importante que les législations et réglementations des secteurs de la radiodiffusion et des télécommunications sont susceptibles d’être révisées pour tenir compte à la fois de la « convergence » économique et de la « mondialisation ». Elle a d’ailleurs été au cœur des audiences publiques tenues au Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) sur la « diversité des voix » à l’automne 2007. Nos conclusions pourraient donc contribuer à l’élaboration de futures politiques.
Le site web de la recherche (à venir)
Publications
2007, « La concentración en las industrias de la comunicación. Reflexiones desde Québec », ZER, vol. 12, no 22, pp. 235-250.
2010, « De la convergence à la divergence : enseignements issus des stratégies des entreprises médiatiques canadiennes », Actes du colloque de l’Association canadienne de communication (ACC) dans le cadre du Congrès de la Fédération canadienne des sciences humaines (FCSH), Montréal, du 1er au 4 juin 2010.